Par amour...
J'entends la frondaison chanter à capella.
Le blé, à l'unisson, s'accorde au vent cabot.
Là, le croassement déchirant d’un corbeau
Céans me terrifie et mime une Diva.
J‘entends chanter la pluie et psalmodier la plaine.
L’horizon s’assombrit. Là-bas, gronde l’orage.
De gros nuages noirs activent leur voyage ;
Les moineaux sifflotant guettent la moindre graine.
Coulant des caniveaux, j’entends chanter les eaux
Arrosant le terroir par l'averse perlée.
Le ciel orchestre ici la bienfaitrice ondée,
Qui humecte le sol et nourrit les ruisseaux.
J’entends grincer le bois au chant désespéré,
Que le souffle puissant courbe cruellement.
A son écho plaintif, la forêt se suspend.
Tiraillé de douleur, il implore: "Pitié".
J’entends cette nature, au bonheur, m’invitant,
S’époumoner pour moi. Ô je l’en remercie !
Au creux de mon gilet, joue une batterie,
Le rythme de mon coeur, amour tambourinant !


