L'Adagio pour linceul
Cet adagio, si triste, égratigne mon coeur;
Accablé de chagrin, il sombre dans l'horreur.
En panne d'affection, il ralentit l'allure.
Ton oeuvre Albinoni réveille sa blessure...
Au dehors, néanmoins, tout parait idyllique,
Mais aucune importance, il n'a plus de réplique.
Couvert d'hématomes, il ne veut plus aimer.
Tes trémolos si beaux le font tant larmoyer
En un sanglot bleuâtre, une goutte écarlate;
Virant au cramoisi, ce mélange l'infecte.
Sans amour, aujourd'hui, l'oubli est son linceul.
Ce thème lancinant l'accule à rester seul.
Au seuil de tes espoirs, laisse ton cauchemar!
Goûte à ce nouveau jour, tel un précieux nectar;
Cette offrande des cieux, soignant les ecchymoses,
Avec joie, cueille-la, comme un bouquet de roses.


