Spleen saisonnier
Nostalgie du sillon où l’épi d’or frissonne
Sous la caresse bleue de la brise d’été
A l’âme, nostalgie de l’amour si léger
Que le cœur des vieillards à l’évoquer s’étonne.
Les blés il a fallu que juillet les moissonne;
La brise a balayé les pailles oubliées.
L’amour s’est assagi dans les cœurs apaisés,
Le temps sait d’un foyer faire un feu qui ronronne.
Nourrie du feu solaire et du miel de la nuit,
L’odeur du vent serrée dans sa verte flanelle,
Soumise à l’acier bleu de la fausse mamelle
Parmi les sauterelles où l’épi a mûri,
Voici mon cher amour que, couronnée de fruits,
La tendresse sevrée des anciens interludes
Roule comme l’eau claire sous le vent doux du sud
Sur la table où le pain a le goût de la vie.


