Spleen du soir
De la muse parfois la voix devient lointaine
Sous l’horizon s’endort le chant des matelots
Le cerf effarouché ne brame plus en plaine
Dans l’infini se perd le sanglot des tombeaux
Le temps le temps toujours assagit les échos
Mozart pose l’archet la rumeur souterraine
N’a plus d’Orphée l’ardeur ni l’amour de Sappho
L’Olympe s’est penché sur un vol de phalènes
Dans les larmes d’un dieu marchant vers l’échafaud
Une plainte d’oiseau détaché d’un roseau
Renie le nid désert et la boucle indigène
Le torrent de jadis est devenu ruisseau
Ce n’est plus que le cœur meurtri d’une sirène
Qui pour Ulysse bat sur l’enclume des flots.


