Souvenir
Quand le mortel hiver de grisaille s’endeuille
Me cloîtrant au logis près d’un feu de sarments
Que mon esprit lassé d’insipides recueils
Cherche à tromper l’ennui du lourd désoeuvrement.
De ma mémoire naît comme un chant de bouvreuil
Venu du fonds des ans un souvenir ardent.
C’est un riant vallon jonché de mortes feuilles
Où serpente un chemin par les prés jaunissants.
Dans un sous bois discret où le soir doux s’étend
Je vois encor la fuite éperdue d’un grand daim.
Et d’un vif écureuil le clair embrasement
Et je me remémore ému et tout tremblant
Cet instant délicieux où ma main sur sa main
Pour la première fois s’est posée sagement.


