Rêverie
Chaque soir pour la contempler
Je m’assois au bord de la Seine
J’aime son long ruban doré
Sa chevelure argentée
Qu’un courant malicieux malmène
D’une caresse énamourée
Le cœur rempli de pureté
J’oublie la vie et sa misère
J’oublie mon corps et ses besoins
Mes pensées presque suicidaires
Dieu merci n’ont plus cours ici
Dieu merci c’est une formule
Car des dieux je n'espère rien
A force d’être comme un chien
Dans le froid ou la canicule
A force d’être particule
Dans cette époque de géants
De loups-garous de suce-sangs
On finit dans l'abattement
Je m’assois au bord de la Seine
J’attends que commence la nuit
Je n’en ferai que peu de chose
Mais être ici cela repose
Dormir sous un pont de Paris
C’est un céleste paradis


