Pour une toussaint

Nous autres les si pauvres morts
Ne souhaitons que peu de choses
Conservez vos bouquets de roses
Et vos touffes de boutons d’or.

Epargnez-nous vos sycomores
Vos saules pleureurs alanguis
Leurs feuilles sont des larmes d’or
L’ombre de l’oubli nous suffit.

Pas de froides vallées des morts
Ni de cimetières grandioses
Où l’ennui terrifiant compose
Des requiem de déconfort.

Juste un coin de gazon fleuri
Sur une colline champêtre
D’où l’on peut voir mourir et naître
Les quatre saisons de la vie.