Pierrot du langage françois

Avec ses yeux de merlan frit
Il est né très collé monté
Pour clamer à cor et à cri
Moi je vivrai sur un grand pied
L'école ce fut pile ou face
Il n'y prit pas beaucoup son pied
:" Les dés y sont vite pipés "
Prétextait-il la mine lasse.

Il n'avait pas un sou vaillant,
N'avait pas peur qu'on le détrousse
Mais les avait tous à ses trousses
Les bons et mauvais sentiments!
Pourtant avec son sex-appeal
Ménageant la chèvre et le chou
Naviguant entre chien et loup
Il jonglait ses jours sur le fil.

N'ayant pas de bien au soleil
Comme il voulait tirer au flanc
Il se faisait tout sucre et miel
Retournant sa veste souvent.
Il était faux comme un jeton
Il savait dorer la pilule
Sa vie fut vie de patachon
Il laissait la tâche à Hercule.

Pour ne pas se fouler la rate
Il en connaissait un rayon
Il saisissait la balle au bond
Ne fut jamais échec et mat.
Il ne courut pas le cachet
Avec de jolis pieds de nez
Il sut aller à la curée
Pour des roupies de sansonnet.

S'il tira par la queue le diable
Jusqu'à dormir dans de beaux draps
Il ne filait pas à l'anglois
Et faisait amende honorable
Quand il avait un coup de foudre
Il mettait la table à la vie
Il jetait aux yeux de la poudre
Et faisait de tout chère lie

Lorsqu'il dut passer l'arme à gauche
Il ne rata pas sa sortie
Sans pour autant virer cuti
Ou meaculper les reproches
Avec ses yeux de merlan frit
Il est mort très collé monté
Pour clamer encor et encor
Je veux mourir sur un grand pied

Toujours aussi faraud qu'un pou
A la mort il fit les yeux doux
Et lui roulant une galoche
Il lui dit bienveillant « me voici »".