Manon de Provence
Quand tu t’en viens à la fontaine
Avec tous tes je-ne-sais-quoi
Tu sembles Marie-madeleine
Qui du Jésus calma la peine
Dans une histoire d’autrefois.
Ton corps comme un roseau fluet
Ton cou pareil au col des cygnes
Ta main oiselle qui se signe
Quand l’amour murmure en secret
C’est Eve et Venus à la fois.
Ta chevelure est un long fleuve
Où des doigts viendront se noyer
En buvant de ce feu doré
Dont les flamboiements nous émeuvent
Et nous apaisent à la fois. **
Tes dents comme fleur du muguet
Tes lèvres sucrées comme guigne
Ton regard pinson qui s’indigne
A voir mûrir les fruits de mai
C’est Juliette et Laure à la fois
Quoique belle, Cassandre envie
De ton sein rond la fermeté
Il n’est que la vierge Marie
Qu’on prie avant l’eucharistie
Pour être aussi jolie que toi.
Rien de toi ne semble ordinaire
Ta démarche nous fait rêver
Les anges caressent la terre
Où ton pied menu s’est posé
Léger comme un reflet de soie.
Non ! Aucun mot aucune phrase
Ne peuvent dire la magie
De tes prunelles qui embrasent
Le terrestre avec l’infini
Tant la perfection est en toi.
Quand tu t’en viens à la fontaine
Gracieuse comme un papillon
Vêtue de ton chiffon de laine
A la fois Hélène et Carmen
Avec tous tes Je-sais-trop-quoi.


