Les chaussettes rouges
Ces chaussettes rouges au fond
Vous les mettrez quoi que je dise
C’est pour vous une gourmandise
Un clin d’œil de provocation.
Je n’userai pas ma salive
En vaines considérations,
Je sais qu’avec vous tout arrive…
C’est votre côté polisson.
Je vous crois en tout excessive
Pas question de heurter de front
Votre caractère breton
Votre humeur …parfois…incisive.
D’ailleurs je n’ai rien à en dire,
Elles sont très démonstratives
Pour ne pas dire suggestives
Je leur vois un bel avenir.
Après tout de quoi me plaindrais-je ?
Car à votre jambe elles vont
Comme l’automne aux champignons
Comme la neige à la Norvège.
L’abbé de Rimbaud, lui, porta
Jusqu’à ce que mort d’homme suive
Les chers bas de Thimothina
-Preuve d’amour intempestive.
Elles sont d’un vif incarnat
Assez assez vindicatives
Mais la pupille admirative
Des hommes s’en satisfera.
Alors portez-les haut, ces bas
Avec eux vous êtes très belle
Et l’on se battra en duel
Pour le droit de vous dire ça.
Alors portez-les haut, ces bas
Qu’aurait su célébrer Verlaine
En faisant rimer porcelaine
Avec la reine de Sabbat
Et les peintres de Pont Aven
Auraient aimé vous peindre ainsi
Assise comme l’est Marlène
Sur un bloc de granite gris
Alors portez-les haut ces bas
Aussi souvent qu’il vous plaira
Car la jeunesse a tous les droits
Mais ne les portez que pour moi.


