Le perce-neige
Le doux frémissement de la plaine éveillée
Qui secoue ses sillons de l’épais manteau blanc
Que nivôse a posé imperceptiblement
Comme ferait l’amant sur une épaule aimée.
Le jeu des jeunes eaux sous la mousse nouvelle
Le galop fou du vent dans les prairies pelées
L’hymne du rossignol droit sur son nid tressé
D’une guipure d’or presque surnaturelle.
Même cette lumière à nulle autre pareille
Qui sur l’obscur labour épand des étincelles
Et mêle à tes cheveux jeunesse des airelles.
Non rien n’est plus serein quand la glèbe s’éveille
Que ce clignement d’oeil sur un mouchoir de neige
Dans le matin frileux encor du perce-neige.


