Le matin que mourut la Lune
Le matin que mourut la Lune
C'était hier c'était demain
Tu m'as fait un signe de main
Il neigeait du sang sur la dune
C'était quand le temps ne vaut rien.
Poussé dans la fosse commune
Par les esclaves du malin
Notre amour roula au ravin
Le matin que mourut la Lune
C'était hier c'était demain.
Lorsque d'un signe de la main
Tu fis neiger sur mon chagrin
Les larmes rouges du destin
Le matin que mourut la lune
Tourna l'essaim noir d'un tocsin.
Depuis quand passent à la brune
Pareils à de ronds sous marins
Sur l'horizon les poissons lune
Dans les cieux des mai incertains
Le temps s'arrête sur mon sein.
De ton départ je me souviens
Je laisse filer au ravin
Le sable dur de l'infortune
Entre les doigts gris du destin
Car c'est le temps qui se souvient.
Lorsqu'en mon âme au clavecin,
Le musicien de l'infortune
Joue la chanson du clair de lune
Celle d'hier et de demain
Il faudra que monte la lune
De ses amours l'homme orphelin
Dans un grand abandon salin
Se laisse mourir à la lune
Dans un grand mouvement marin
Si le temps présent ne vaut rien.


