La rose rouge sur la Manche
Psyché terminait son adolescence
Sa taille était fine ses seins bien cambrés
Elle avait le port des reines de France
Et la grâce innée des Pasiphaé
Elle avait les yeux couleur de pervenche
Et le teint pareil aux fleurs d’amandiers
Sa robe était rouge en ce noir dimanche
Comme cette rose en ses doigts serrée
Le ferry glissait sur les flots figés
La vague était bleue La vie était blanche
Les cieux étaient bruns comme un soir volé
La mort surveillait les eaux de la Manche
Psyché contemplait la courte distance
Qui la séparait de son bel été
Sur ses joues roulaient des perles glacées
Comme cette mer de fin de vacances
Eros avec elle avait mal misé
Elle avait trop bu le vin d’allégeance
Elle avait trop cru sa ligne de chance
Mais les dés d’amour sont souvent pipés
Du premier amour naît une souffrance
Que le cœur hélas ne peut supporter
La mort est un fruit de désespérance
Que l’amour blessé est seul à croquer
Quand elle donna à la mort sa chance
La rose flotta longtemps sur les eaux
Comme un cœur qui bat sa désespérance
Avant de trouver l’éternel repos
Psyché finissait son adolescence
Avec elle Eros avait mal joué
Les vagues lui font un linceul nacré
Et l’oubli est seul dans sa confidence


