L'arc-en-ciel


Et voici qu’un oiseau s’élève et nous invite
A visiter derrière l’azur magique de son chant
Quelque grotte cachée au cœur de sa genèse

Et voici qu’un oiseau acclimate les cieux
Et qu’un poisson dans l’océan d’un amour bref
Joue avec le feu clair qui naît des sentiments

Et voici qu’un oiseau qu’un poisson qu’une étoile
Celle- là a rayé de lettres la nuit froide
Soudainement complotent au bord rugueux du temps

Pour que la terre s’embrase et se métamorphose
Danse et sourit à la lisère des galaxies
Dans un grand poudroiement de matière native

Grès silex bois charbon manganèse granit
Se côtoient se saluent s’ajustent et s’unissent
En un jaillissement prometteur d’arc en ciel

Et voici qu’une plume qu’un bec qu’une écaille
Qu’un nodule d’espace qu’un quartz qu’un mica
Disent oui à la vie disent oui au bonheur

Et la terre se transforme à la lèvre du vent
Dans un foisonnement de graals et d’édens
A la limite extrême de ses bouillonnements

Le froment étonné se surprend à revivre
Il se conte des contes de four et de levain
Il était une fois du pain pour tous les hommes

Et l’hirondelle sent ses plumes se gonfler
Là-bas bien loin bien haut au pays des palmiers
L’hirondelle bien sûr et la blanche colombe

Et voici qu’une main se tend qu’un regard ose
Dans l’arche unique les couples se réveillent
Le feu de l’âtre et l’eau de la fontaine fusent

Et voici qu’un regard se met à voir vraiment
Qu’un bras ferme repousse la lame militaire
Qu’une main à donner l’essentiel se surprend

La faim s’enfuit la guerre se jette dans son sang
La misère aux joues creuses s’éloigne en se cachant
L’homme redevient bon et la parole utile

Et voici qu’un oiseau s’élève et nous invite
A visiter derrière la vitre de son chant
Quelque ventre porteur d’universalité

Et voici qu’un poisson dit que la mer est belle
Et voici qu’une étoile a envie d’éclairer
Et voici qu’une femme a envie de porter.