L’arbre

Je ne suis qu’un arbre estropié
Moins fleuri qu’un cynorhodon
Quand le vent fouette ma ramée
Je ne donne que des chansons
Aux oiseaux que l’aube effarouche
Je ne suis qu’un arbre estropié

Je n’ai eu que peu de printemps
Quelques miracles de bourgeons
Ont éclos mais sans conviction
Pas de quoi espérer longtemps
Procurer du sucre à vos bouches
Jeunes filles qui reposez
Maintenant sous les frondaisons
De ce chêne à l’ombrage clair

Et demain ce n’est pas mon tronc
Quand la mort baisera vos fronts
Qui donnera de belles planches
Pour conserver les ossements
Souvenirs laiteux de vos hanches