Celle de la maison d'en face

Je vous voyais de ma fenêtre
Aller venir d’un pas joyeux
De la lumière plein les yeux
Petit pinson tout sautillant
A de charmants riens s’affairant
Vous dégagiez joie et bien être
Je crois que j’étais amoureux
De votre petit air sérieux.

Ceux qui passaient sur le trottoir
Vous saluaient affablement
Car vous n’étiez jamais avare
D’un sourire ou d’un compliment
Ils le savaient et moi aussi
Qui en mourais de jalousie.
Je crois que j’étais amoureux
De votre petit air sérieux.

On ne commande pas sa vie
Le destin seul brouille les cartes
Il les donne à sa fantaisie
Il fallut hélas que je parte
Que j’aille vivre loin d’ici
Dans les mines au pied des terrils
Mais je demeurais amoureux
De votre petit air sérieux.

Sans le savoir dans mon bagage
Avec mes souvenirs d’ici
J’emportais de vous une image
Qui m’interpelle quand l’orage
Déchire violemment ma vie
Balaie mes champs et mes prairies
Je me dis : « je suis amoureux
De votre petit air sérieux ! »