Campagne plate

L'horizon range ses pinceaux.
Adieu les ocres scintillants.
La nuit voile d'un noir poignant
Le ciel où passent des corbeaux.

Les astres sortent de l'abîme,
Un à un, fleurs d'or dans un champ.
Un petit clocher élégant
Accroche une Lune à sa cime

Une pauvre lune rougeâtre.
Malade d'un hiver sans fin,
Elle tondra jusqu'au matin
Sur les talus l'herbe jaunâtre.

L'horizon lave ses pinceaux.
Un petit clocher élégant
Mire sa flèche dans l'étang.
Le soir défripe ses roseaux.

Des troupes migratrices passent
Se fondent dans les champs gelés.
Et tristes sont nos âmes lasses
Dans ce soir désillusionné.