Ballade surréaliste
Jouer du cor ou de la flûte
Jouer surtout n’importe quoi
Du tambour Ou du mirliton
De la batterie pourquoi pas
Quand le ciel se vide les tripes
A Grands coups de feu et de voix
A grands seaux d’acier et de plomb
Sur les villes émasculées
Quand les chers corbeaux d’autrefois
Avec les morts de bon aloi
Font des causettes de principe.
Jouer à craque allumettes
A croque mort à suce bois
Bois de crayon bois de réglisse
La main posée sur le calice
Les ongles taraudant la croix
Croix de fer jolies croix de bois
Parfumées du laurier stupide
Quand les chers corbeaux d’autrefois
Dans les églises émasculées
Avec des morts de bon aloi
Font des prières de principe
Crever d’envie dans des supplices
Crever dans ces vastes opéras
D’acier de larmes et de principes
Criminellement orchestrés
Sur les théâtres émasculés
Quand les chers corbeaux engraissés
Par les provendes militaires
Entonnent leurs chansons guerrières
Couacs croacs croa crois pas
Avec les morts de bon aloi
Aux puanteurs divinisées
Jouer du cor ou de la flûte
Jouer surtout n’importe quoi
A mort-vivant à mort me touche
Pour ne pas entendre monter
Les couacs croacs croas-tu pas
Des chers corbeaux des autrefois
Sur les villes émasculées
Lorsque les morts de bon aloi
Font des causettes de principes
Devant les bouches du néant
Avec les anges de service.
Jouer du cor ou de la flûte
Jouer à ne plus être soi
A ne plus aimer les principes
Ni les chers corbeaux d’autrefois .


