Ballade intime
Elle est partie. La maison vide
Tisse ses toiles d’araignées
L’horloge familière guide
Les gestes de l’utilité.
Le cricri du foyer dévide
Ses trois notes d’un ton glacé
Et le rouge-gorge timide
Au jardin semble la chercher.
Le soir venu, je viens m’asseoir
Près du fauteuil inoccupé,
J’espère l’entendre et la voir
Vaquer dans la salle à manger.
Le chat s’ennuie sur son coussin
Il semble vieillir au passé
Il attend que sa douce main
S’avance pour le caresser.
Plus rien qui ne soit là m’inspire
L’hiver en moi s’est installé
Mon cœur et mon âme soupirent
A l’idée de devoir durer.
Plus rien qui ne me soit utile
Je laisse les volets fermés
Les objets paraissent futiles
Que nous aimions collectionner.
ô mort toi qui as tout pouvoir
Peux-tu me délivrer la clé
Qui me permettra de passer
De l’autre côté du miroir
Pour la rejoindre et pour l’aimer
Beaucoup plus que dans le passé
Elle est partie et les dieux lares
Pleurent avec moi dans le noir.
Je ne suis plus que désespoir
Sans elle ma vie s’est figée,
Je lèche ma plaie dans le noir
Pareil à un vieux lion blessé.


