Ballade du grand soir
J’ai presque atteint l’âge limite
Celui d’horizontalité
Celui où la vie nous invite
A franchir enfin le fossé
Pour aller de l’autre côté
Recommencer à espérer
Coucher les murailles de Chine
Les Babel de fatalité.
Voyageur sur un quai de gare
Le train qui vient sera pour toi
Qu’on ait ou qu’on n’ait pas la foi
L’avenir pour tous est semblable
Même pain à la même table
Destination pas de hasard
On remettra tout à zéro
Sous la hauts murs de Jéricho.
Ne crions pas à l’injustice
Le ciel ne peut tout distinguer
Trop de courtisans en coulisse
Attendent l’immortalité
Saint Pierre s’est informatisé
Il a renforcé ses polices
Plus le temps d’écouter la lyre
Louer votre félicité.
Princes d’églises ou païens
Poètes rapins conquérants
Nous prendrons tous le même train.
Celui qui conduit au néant.


