Aragon vieux-d-

C’était c’était qui peut médire
D’ailleurs nul ne s’en soucie
On passe chaque jour la Seine
Pour la chanson que vous savez
Ainsi se construit le poème
Bribes de bribes et c’est assez
C’est même trop pour la débine
Mais l’on savait le décliner
Le four a pouvoir d’enfourner
Le goût du pain et sa légende
La boulangère le sait bien
Qu’avec les gestes quotidiens
Elle conteste aux ménagères
C’était c’était qui peut le dire
Un visage à damner l’essaim
Des muses et de leurs complices
Un visage de terre cuite
Qu’il faut savonner dès matin
A Saint-Malo ou Saint-Omer
Dans le sein de la vieille ville
Quand septembre s’annonce au ciel
Avec des poudroiements d’orage
Que les écoliers défient peu
Cachés au fond de leur cartable
Qui sent le neuf et le sérieux.
Voici le temps des tempes grises
Et du goût amer des cerises
Voici le temps du temps fini
Dans les beaux quartiers de la vie.