La flamme
En hommage à Haruki Murakami
Je rêve que je cours, une torche à la main,
Une torche enflammée précieuse et vacillante
Qui subit quelquefois l’assaut d’une tourmente
Mais qui avec constance éclaire mon chemin.
Le soir et le matin, je cours imperturbable
Avec la foulée courte et le souffle acéré
Afin de maintenir, l’esprit bien concentré,
Sur mon raid endurant le tempo favorable.
L’été comme l’hiver, fidèle à mon parcours,
Sous le soleil ardant ou la nue qui s’égoutte,
Sur le pavé des bourgs, le bitume des routes,
Dans la foule insensible ou le désert, je cours.
Les passants ne voient pas la flamme que je porte
- Me voient-ils seulement au milieu d’eux passer ? -
Mais si de mon trimard je viens à me lasser,
Elle seule pourtant un peu me réconforte.
Et la nuit quand je cours encore avec ce feu,
La solitude me parcheminant la moelle,
Comme dans un ciel noir et constellé d’étoiles,
Autour de moi je vois mille points lumineux.


