Par la magie des mets
Un délicieux repas nous amena chez elle.
Elle y avait sorti sa plus belle vaisselle :
Sur une nappe d'or, brillait la verrerie.
Dans sa cage, à nous voir, le mainate sourit
Et lança, d'une voix qui se voulait légère,
Mais rappelait plutôt celle d'une mégère :
"Où il est, le oua-oua ?" et on lui répondit
Cependant que le beau toutou frisé bondit
Vers nous en aboyant, ravi. Et l'on s'assit
Au creux d'un bon divan. Christine nous servit.
La musique était douce et les toasts savoureux,
Voyez s'il en faut peu, souvent, pour être heureux !
Un parfum insistant de bouillon parfumé
Venait de la soupière, et, humant ce fumet
Nous évoquions en choeur la soupe, incomparable
De Pauline, et ses plats, qui, autour de la table
Nous avaient tant de fois rassemblés. Et les coeurs
Par la magie des mets, revivaient le bonheur,
Oui, le bonheur d'antan, et ce repas était
Comme un flambeau d'amour qui, dans la nuit, brillait...
MARCEK novembre 2003


