Nuit
Nuit
La nuit palpite en ses mystères
Sombre forêt dans l’univers
L’étoile d’or est si lointaine
Dans le ciel mon regard se perd.
L’horloge murmure sa plainte
Et cogne sur mon lit défait
Le temps resserre son étreinte
M’étouffe dans un songe épais
Les heures coulent monotones
Flots noirs roulant vers les enfers
Et je m’étonne, je m’étonne :
Qui donc ainsi froisse ma chair
Est-ce toi, Néant, qui la tire
Vieillard dressé au pied du lit
Et qui dans ton linceul m’attire
Au seuil de ma dernière nuit ?
Mon âme proteste et résiste
Mais le temps s’acharne et persiste
Les heures s’en allant sonnant
Dans les corridors effrayants
Ornés des noires banderoles
Tissées par les mains des mourants
Qu’ inexorablement enrôle
Le Temps…
MARCEK


