Au Poète
Vais-je donc le franchir ce passage sacré,
M'embrumant de tes mots, m'enfonçant aux halliers
De tes bois, bleus de nuit, bleus du coeur, bleus de l'âme.
Transporte mes émois, ô plume épithalame!
Je veux les noces d'or, fussent-elles de sang
Arrachées aux dénis de ce corps frémissant
Entrer dans le jardin où règne Poésie
Poser sur ses genoux ma figure éblouie
Tu t'abreuves déjà aux fontaines divines
Il pleure de ton oeil des larmes cristallines
Ta plume déhiscente est fichée en ton coeur
Se subliment les mots au feu de la douleur
Et pourtant, du bonheur, devraient pouvoir éclore
Des pages effleurées au rose des aurores,
Des suppliques d'encens, volutes vers le Beau
Mais je reste arrêtée aux barrières des mots...
Marcek 20 février 2003


