Par une nuit d'hiver
Quand les lueurs de la neige
Ont renvoyé leurs lumières
Aux astres légers de liège
Clairs qui criblent les éthers,
Les étoiles en cortège
Se promènent dans les airs.
Elles tournoient comme sur un manège
Où les chevaux poursuivent les mystères
De la nuit impénétrable.
Sur la terre, tous les chênes,
Tous les hêtres, chaque érable,
Les tuyas et les troènes,
Dans un élan incroyable,
Se sont dressés par centaines
Pour tendre leur cime – aiguille effroyable –
Vers les globes de feu, les billes reines.
Plus bas, sur la neige éteinte,
Dans la ferme somnolente,
Une cloche oscille et tinte.
Dans sa vibration lente,
Le vent pousse sa complainte,
C'est une bise sifflante.
Qui laisse percevoir son cri, sa geinte
Pendant l'hiver ? La nature râlante.


