Le Temps
Si chaque année était une fleur, une rose,
Je sentirais alors la quatorzième éclose !
Et je l'ajouterais au bouquet de la vie,
Le temps est un faisceau, ma vie est poursuivie.
Tout s'écoule, je suis le fleuve inestimable
De la douce existence, elle qui semble aimable.
Mais pareille à l'éclair, qui peut en profiter ?
Tous ces instants vivants, qui peut les arrêter ?
Mes quatorze ans sont là, parcelle des chemins
Où j'avance toujours vers d'autres lendemains.
Certains veulent freiner le temps qui les irrite,
C'est un train déchaîné qui passe bien trop vite.
Et chacun doit un jour rejoindre un de ces quais,
Pour déposer, sur les tombeaux, de grands bouquets.
Qu'est-ce que ce poème angoissé, pessimiste ?
Ce sont les mots profonds de la vérité triste.
Je laisse le passé sans penser au futur,
Et je gravis la vie au fur et à mesure.
Toujours derrière moi, j'admire le parcours
Du chemin de ma vie. Je continue, je cours.
Grosse sphère de terre où le bleu qui ruisselle
Se marie avec l'air, qui s'y fond et s'y mêle.
Regardez la poussière infime que nous sommes !
Qui sont ces gens, là, fourmillants ? Ce sont les hommes.
Ils restent asservis aux siècles, aux années
Ils redoutent de voir leurs beaux moments fanés.
Pourtant, par-dessus tout, l'Homme a la conscience
Il se démarque en tout grâce à l'intelligence.
L'Homme a l'intelligence en guise de soutien,
Qui nous aide à garder les idées en chemin,
Qui nous force à chercher le bonheur tous les jours,
Il est rapide, fou, le grand compte à rebours !
Parfois traître, ou prodigue, il nous oblige à vivre
Une heure comme un jour, et un mot comme un livre.
Le Temps file, et défile en puissance, en vitesse,
Il court devant nos yeux, il chante la tristesse.
Il faut donc déguster chaque moment qui presse,
Goûter chaque partie du Temps qui nous oppresse,
Du Temps qui nous étouffe, et nous anéantit,
Du Temps qui nous accable, et qui nous engloutit.
Quatorze ans sont passés, cela ne suffit pas !
J'espère le bonheur à chaque prochain pas.


