L'ultime frisson

Il ne faisait pas jour, il ne faisait pas nuit.
Un ciel d'ambre arrosait les nuages gluants,
Une amande aux contours troubles, mellifluents,
Sous la nue mordorée, palpitait sans un bruit.

Au loin, ce grand tapis, cette écorce poreuse,
Laissait luire un faisceau de rayons égarés
Qui traçaient dans les cieux des éclairs bigarrés
Et qui déchiquetaient la masse vaporeuse.

L'atmosphère roulait dans un remous fluide,
Quand une brume rousse ornait tous les coussins
Célestes de duvet, d'écume et de dessins.
Là-haut, tout s'animait, plus bas, tout était vide.

Pas de vie ni de mort, pas d'odeur ni de son.
Pas de sensations, de tristesse ou d'amour,
Il ne faisait pas nuit, il ne faisait pas jour,
Le ciel vivait tout seul son ultime frisson.