L'après-midi

Par un jour de septembre, au petit parc fleuri
Où coulait un ruisseau silencieusement,
Sur une mare grise, un nénuphar flétri
Évitait la pluie fine en glissant doucement.

L'air humide montait, comme cette rosée
Que nous sentons monter parfois au crépuscule,
Il abreuvait la fleur à la moire rosée,
Était-ce un bégonia ou une renoncule ?

Les passants, qu'attristait le nuage argentin,
Erraient, comme déçus par le temps qui pleurait.
Charmante nébuleuse, à la robe en satin,
J'aimais ta pâle chair qui au vent se feutrait ;

Des éclairs indolents t'animaient mollement.
Les chemins aréneux bordés de feuilles jaunes
Serpentaient joliment, sinuaient follement
Et profitaient du mince abri des faibles aulnes.

Je visitais alors un paradis désert
Dans la ville insensible au charme de ce temps.
Un vent froid et plaintif par la pluie recouvert
Sifflait pour refouler et chasser le printemps.