Dessin de Provence
Un soleil palpitant respirait dans l'azur,
Il embrasait les murs d'une jolie masure.
Des tarentes rampaient sur l'écorce d'un arbre,
Leur peau grise laissait voir des reliefs de marbre.
Des cigales, plus haut, en gentes demoiselles,
Couvraient les pins courbés du frisson de leurs ailes.
La lavande soufflait un vent d'aménité,
Son arôme inspirait à la sérenité.
Les oliviers, aînés de la mère Provence,
Exhalaient un parfum délicat de jouvence.
Un moulin s'animait au souffle chaleureux
D'un sirocco fiévreux qui battait, valeureux,
La feuillée du maquis. Enfin, naissaient des rides
Quand la torpeur montait des pinèdes arides
Pour déchirer le ciel et silloner l'espace
Où planait, magistral, un immense rapace.


