Aux déportés
Le vent brûle nos joues et le froid nous assaille,
Nous marchons de baraque en baraque comme eux…
Il résonne en ces lieux les bruits de la mitraille
- Crépitement lointain quand nous fermons les yeux. –
Innocents comme nous dans ces camps de travail,
Ils saignaient et suaient sous un ciel monstrueux.
En entrant, ils lisaient ces mots : “Arbeit macht frei”
Jusqu’à l’ultime arrêt de leur convoi affreux.
Les gares de leur vie, tranquilles fussent-elles
Jusqu’au signal fatal des lanternes mortelles,
Accueillaient des wagons paisibles tous en rang.
En ces lieux pénétrants, l’atmosphère est morbide,
Les murs gardent l’odeur de la cendre et du sang.
Le souvenir nous pèse et notre esprit se vide.


