Amitié
Sur l'immense bûcher, brasier de l'amitié,
Nous nous tenons debout, brandissant nos flambeaux.
Ceux qui ne s'aiment plus implorent la pitié.
Les flammes ont brûlé leur chair froide en lambeaux.
Le feu d'or et de sang chauffe l'âme et le cœur ;
L'esprit veut retrouver le plus beau souvenir.
Il veut redonner vie à l'âge du bonheur
Qui, mort, habitera, hantera l'avenir.
Quand le torrent glacé, l'océan des oublis,
Nous submerge soudain de ses flots violents,
Un frisson vif transit nos deux corps affaiblis.
Borée noie nos pensées sous ses vents insolents.
Soudain dans l'eau gelée, une infinie spirale
Nous happe follement, nous saisit d'un vertige.
Le Lethé vicieux, déchaîné, infernal
Veut laver les esprits des jouets qu'il fustige.
Le monde est si cruel, il fourmille de gens
Arrogants, vaniteux, jaloux, prétentieux.
Pourtant, les vrais amis, eux, sont intelligents
Ils savent rester francs, humbles, respectueux.
Manipulation et Agressivité :
Ces perfides harpies assombrissent le ciel.
Elles règnent en chefs sur la société.
Cette société si superficielle.
Contre le feu, contre les eaux, contre les vents
Nous nous battrons, nous gagnerons la confiance.
Nous puiserons tout le pouvoir des éléments
Pour embellir, consolider notre alliance.
Tout le monde se fait de sournoises idées.
C'est sans s'en soucier qu'on s'élève aux sommets
Où fleurissent muguets, lauriers et orchidées,
Où le bonheur parfait ne s'éteindra jamais.
Pour que la liaison conserve sa primeur,
Que la relation reste à jamais intacte,
Pour éviter qu'un jour la noble union meure,
Il faut se retrouver, se voir, garder contact.
Dans les yeux, le silence. Il est pur et profond.
On se noie dans la brume épaisse des iris.
L'émotion jaillit, puis se dépose au fond
De l'âme en effaçant sa large cicatrice.
C'est en se retrouvant qu'on adoucit le goût
Amer de l'amitié oubliée, perdue, morte.
On peut guérir les plaies. On emporte un atout :
L'affection soignée est devenue plus forte.


