L'oiseau blessé
Au bout de la jetée, enchâssé dans la brume
Les ailes alourdies, le grand oiseau gémit.
Il plane avec aisance jusqu’à la roche brune
Impuissant à les battre, s’aidant ainsi d’un cri.
Il se pose lourdement entre les pierres fendues,
Les vents et les embruns ont ciselé leurs formes.
Il s’étale à peu près, meurtri, blessé, rompu,
Souffrant d’un peu de vie avant qu’il ne s’endorme.
Dans l’océan cruel, espérant d’un repas,
Un grand poisson l’a pris d’un coup de dent pointue.
Laissant fuir et tourner les jolis bancs si gras
Voici l’oiseau blessé, par les eaux retenu.
Dans un effort ultime, tailladé par la faim,
Le volatile enfin s’est envolé au loin.
Sans espoir pour sa vie, voyant venir la fin,
Atteignant la jetée balayée par le grain.


