Une vie
Elle naquit un matin d’avril
Dans une brume légère traversée de soleil
Frêle
Délicate
Fragile
Elle grandit en beauté
Nous étions subjugués
Par sa jeune élégance
Admiratifs
Attentionnés
Nous la vîmes parée
Dans les temps qui suivirent
De la splendeur éclatante
De la maturité
Puis imperceptiblement
Au fil du temps
Nous perçûmes en elle
Des signes douloureux
Nés des affres du doute
Et des dégâts du temps
Elle se recroquevilla
Peu à peu dépérit
Se fana
Jusqu’au jour de grand vent
En octobre dernier
Où nous la vîmes se détacher
De la branche
Elle se retrouva
Sous le pied d’un passant
Pas même malveillant
Qui l’écrasa


