Une nature morte peu ordinaire
Je dessine un visage
Tuméfié
Mutilé par
D'affreuses blessures
Couronné
De cheveux roux ébouriffés
Il me faut impérativement
Du jaune de cadmium foncé
De l'auréoline
De la terre de Sienne brûlée
Quelques verts
Du blanc de titane
Des ocres légers
Des rouges divers
Des couleurs
A l'évidence
Semblent me manquer
Vais-je devoir tricher
Je pose mes traits
Avec beaucoup de soin
Je m'applique
Séparée du corps
Une tête n'est pas
Une nature morte ordinaire


