Tirez à vue
A l’orée de la forêt
On avait accroché
Au sommet d’un poteau
Un immense écriteau
Avec ces mots
Tirez à vue
Comme j’étais aveuglé
Par la lumière rasante
J’ai tiré plusieurs coups
Sur le soleil trop bas de l’hiver
Il s’est tordu de douleur
Puis il a porté plainte
Pour blessure à l’honneur
Et c’est tout l’univers
Solidaire
Qui s’est mis
A m’accuser
En criant
Tu l’as troué
Tu l’as troué
Chaque jour depuis
La mer à l’horizon rougit
Quand il est l’heure pour lui
D’aller se coucher
Et dans la cellule
Où je purge ma peine
Je récolte parfois des cris de haine
Des autres prisonniers


