Poires et confiture

Dans le verger qui jouxte
Le chevet de l'église
J'ai cueilli ce matin
Quelques poires qui
N'en demandaient pas tant

En les arrachant
A la vie
Je me suis senti coupable

Elles savaient cependant
Qu'en ce bas monde rien ne dure
Nulle espérance ne pointait
A l'horizon du presbytère

Elles ressusciteront
En quelques pots de confiture
Si bien lutés que
De leurs suppliques dernières
On ne saura jamais rien