Passe ton chemin
Passe ton chemin
Va-t-en très loin d’ici
Tourne ton regard
Vers les draps sales blanchis
Tends l’oreille au gazouillis
Des oiseaux inconnus
Qui déplorent
L’inconfort des branches
La route est longue
Et la terre dégage
Une odeur de moisi
Le ciel est couvert
D’inscriptions imbéciles
Que des charognards
Ont écrit du bout de leurs ailes
Avant de se poser
A la lisère du bois
Le vent
La pluie
Sans doute encore
Les effaceront
Jamais elles ne sont
De longue durée
Certaines cependant
Les plus tenaces
Les plus cruelles
Ne disparaîtront
Qu’à grands coups de jets
De sable sous pression


