Moi je
Je ne dois mon ivresse
Dit-il
Qu’aux lettres épaisses
De mon nom
Sur l’étiquette
Du flacon
L’essentiel à mes yeux
Réside dans
Ma notoriété
Porte ouverte sur
Mon immortalité
Je fais des courbettes
Je me vends
Je viens lécher
Les semelles
De vos souliers
S’il le faut
Je vous paie
Grassement
Mais je vous en prie
Ne vous avisez pas
De cesser d’évoquer
Sur la place publique
Mes mérites
Et mon talent
Je vous conjure aussi
De ne pas oublier
Ma photo
Mon image
Mon moi bien aimé
Dans les pages
Où complaisamment
Vous me glorifierez
Que le monde entier
Reconnaisse le rang
Auquel j’aspire
Auquel je prétends


