Jeune homme singulier
A Mousse Boulanger
Jeune homme singulier
Te voilà prisonnier
Des relents nauséeux
De l’étang que naguère
Par hasard en
Te promenant
Tu déclaras conforme
A ce que tu cherchais
Pour y passer ton heure dernière
Maintenant que le vent
Vient siffler ici même
Comme un avertissement
Tu hésites
Tu hésites
Quelque chose te retient
Te freine inconsciemment
Et tu t’en vas
Ce sera pour une fois prochaine
Pour ce soir tu retrouves ta peine
A la honte mêlée
Mais comme promis
Je me tairai
Quoi qu’il advienne
En attendant l’aurore
Je te lirai Nerval
Apollinaire ou Desnos
Aragon ou Prévert
Ensemble et sans déguisement
Nous nous rendrons au bal
Des grands poètes morts
Qui gisent depuis longtemps
A plusieurs pieds sous terre


