Ivre mort
Il gisait ivre mort
Et blessé
Sur le pavé mouillé
La face écrasée
Dans ses vomissures
Et les côtes brisées
Par une fêlure
Dans la boîte crânienne
Des images d'amour
Entremêlé de haine
S'échappaient en filets de sang
C'était l'heure glauque
Ou les belles de nuit meurent au jour
Dans les rues crasseuses
Du petit matin
Des fantômes rôdaient
Entre des chats errants
Et des poubelles débordantes
Près d'un porche entrouvert
Dans la lumière naissante
Deux chiens couverts
De lésions croûteuses
Dormaient


