Internement
As-tu mesuré
La profondeur des océans
La hauteur des montagnes
La longueur du temps
Et accessoirement
Celle du couloir
Qui sépare
Nos bâtiments
La bonne lumière
Qui nous éclairait
S’est affadie
Depuis longtemps
Le phare dressé
Au bout de la jetée
Expulse toujours
Ses douleurs incandescentes
Sans cesse renouvelées
Mais il échappe désormais
A notre vigilance
Notre échange de mots
S’est réduit au silence
Depuis le premier jour
De notre internement


