Il dit qu'il est venu
Il dit qu'il est venu
Pour dénombrer les morts
Qui sont tombés la nuit
Sur le champ de bataille
Au milieu de l'hiver
La lumière pâlit
Les jours sont revêtus
De leur frêle parure
De neige et de sang mêlés
Les heures claires se raréfient
Il faut se hâter
Presser le pas
Sur la terre durcie
La paix du jour
Est de courte durée
On le croirait glisser
Entre les déchirures
Du ciel ensanglanté
Par le soleil couchant
La cendre et la fumée
Planent comme en novembre
Le brouillard filandreux
A la surface des étangs sourds
Et des rivières endormies
Il dit que la guerre
N'en finira jamais
Que les portes du ciel
Grincent comme le portail
Du jardin de la cure
Et que l'homme par nature
Sera toujours mauvais


