Feuille isolée
Le vent souffle à peine
Et me voilà tremblant
Comme cette unique feuille
Qui ne veut pas tomber
Du frêne sur lequel
Elle demeure fixée
Qu’à cela ne tienne
Je vais l’arracher
Et si je n’arrive pas
Aux plus hautes branches
C’est l’arbre tout entier
Que je déracinerai
Toutes mes sœurs sont mortes
Toutes sont tombées
En une poignée
De jours d’automne
Dit la feuille
Je l’observe pour l’heure
Du coin de l’œil
Plein de compassion
Je vois bien qu’elle pleure


