Demain soir ton âme
Demain soir ton âme
Pourrait bien sourire
En traversant les rues
Dans cette ville
Penseras-tu
Rien n’a changé
Ni les volets clos
Qui montrent leurs dents
Ni la noirceur
Sèche des pavés
Et tu croiras t’y retrouver
Comme naguère
Le temps
Te diras-tu
S’est ici figé
La nuit est nôtre
Miaulera le chat
Qui sans doute voudra
T’inviter à
La promenade
Dans l’entrecroisement
Des fils du temps
Pourtant
Les années ont coulé
Comme un fleuve débordant
Les habitants que tu as connus
Sont bien sûr devenus
De longues ombres mortes
En attente sur le pas de la porte
D’un rivage inconnu


