Dans le lit du torrent
DANS LE LIT DU TORRENT
Dans le lit du torrent
L’eau froide
A cessé de couler
Des anges noirs l’ont remplacée
Par un mince filet
De liquide verdâtre
Dont l’odeur âcre
Nous colle au nez
Depuis quelques jours
Les pierres se fendillent
Tout au long du parcours
Les arbrisseaux pourrissent
Les grands arbres meurent
En suffoquant
Comme ces gens qui naguère
S’y sont pendus
Pour ne plus rien voir du monde
Dont en trépassant
Ils sont sortis vainqueurs
Tandis que nous
De nos yeux grands ouverts
Nous mesurons l’horreur
Que les dieux immondes
Ostensiblement gausseurs
Nous imposent en souriant


