Dans la vase du fond
La surface de l’étang s’est ridée
Comme la peau de la voisine
Si douce et si fine
Dans le passé
Contrairement aux rides
Qui se creusent sans fin
Les ridules de l’eau
Sont de brève durée
Le vent à lui seul
Sur elles a maîtrise
La masse glauque et grise
De l’étang soudain bleuit
Des canards sauvages
Strient le ciel à l’horizon
Un jeune rouquin
Se dévêt
Plonge
Et nage
Puis disparaît
Enlisé sans doute
Dans la vase du fond


