Cortège funèbre
J'ignore tout du défunt
Que ce matin l'on porte en terre
Il pleut des cordes
Et le pavé reluit
De l'église jusqu'au cimetière
Sous le ciel monotone et gris
Comme je n'ai rien d'autre à faire
Je promène mon désoeuvrement
En suivant la bière
Pensif et rêvassant
Sur le trottoir étroit
Un homme entre deux âges
Soulève son chapeau
A l'ultime passage
Du mort entre les vivants
Une paysanne qui rentre du marché
Pose son baluchon à côté d'elle
Et se signe par trois fois
Sous un auvent vitré
Des enfants
Que le cortège ne concerne pas
Continuent de jouer à la marelle


