Corps
Corps assoiffés
De désirs éphémères
Corps torturés
Blessés
Corps de misères
Corps endiablés
De danseurs frénétiques
Et corps musclés de sportifs
Gonflés de
Conquêtes pathétiques
Corps couronnés de pauvrettes victoires
Empanachées mais illusoires
Corps vautrés
Dans les porcheries des fermes de mon enfance
Corps qu'on dissèque
Qu'on étripe
Qu'on saucissonne
Corps de garde
Qui sonne
Le rappel
Dans la cour pavée
D'une prison rustique
Où défilent des morts
Hideux et décharnés
Que l'on fait marcher au pas
Qui tournent en sens inverse
Des aiguilles d'une montre
Et quand tonne la voix
Du maître des lieux
S'en retournent penauds
Poursuivre leur trépas
Dont on ne doit
Jamais les extirper


