Cheveux bleus
Dans l'hiver qui jaunit
D'un doigt malhabile
J'esquisse le profil
D'un printemps qui pourrit
Je mêle dans la paume
D'une main inutile
Des quatre saisons
De multiples débris
Un brin d'été
Qu'enténébra ton deuil
Une touche d'automne
Plein d'espoir attiédi
Et je quitte la scène
En titubant un peu
Ivre de vin rhénan
Dans un verre incassable
Belles teutonnes
Au charme insaisissable
Vos longs cheveux verts
Sont devenus bleus
Fasse qu'Apollinaire
Jamais ne l'apprenne
Dans les échos des cieux


